Les Français ont choisi François Hollande comme 7e président de la Vème République avec 51,62% des voix contre 48,38 à Nicolas Sarkozy. Pour ma part, j’ai toujours dit que l’élection se terminerait aux alentours des 52-48. C’est une belle et nette victoire. Nous pouvons nous en réjouir. Nous pouvons en être fiers. 31 ans après François Mitterrand, les Français ont choisi de confier le pays à un représentant de la gauche. La fatalité n’existait donc pas. Certes le pays est majoritairement à droite mais la gauche sait gagner quand elle est unie, quand elle est forte sur ses valeurs et qu’elle sait se dépasser elle-même pour convaincre au-delà. C’est ce que François Hollande a su réussir. C’est sa victoire mais c’est aussi la victoire de nous tous qui nous sommes battus à ses côtés, d’une équipe qui a été soudée, d’une gauche qui a su dépasser ses divergences, de républicains et d’humanistes qui ont préféré les valeurs portées par notre République plutôt que les sirènes de l’intolérance.
Mais ne nous y trompons pas, la France n’est pas devenue de gauche. Qui plus est, la campagne électorale qui s’achève a été particulièrement douloureuse pour notre pays. Marine Le Pen a fait 18% des voix au premier tour. Les choix commis par Nicolas Sarkozy pendant toute la campagne mais qu’il a accentués pendant l’entre-deux tours ont délibérément clivé notre pays. En courant après l’extrême droite, il a déporté une bonne partie de la droite traditionnelle aux frontières de l’inexcusable et les a même dépassées de mon point de vue. Trop, à droite, y sont allés allègrement, beaucoup trop ont détourné les yeux et se sont bouchés le nez pour soutenir les thèses qu’il a défendues avec le plus grand cynisme électoraliste.
Alors oui, ne nous y trompons pas : la tâche va être rude pour rassembler le pays, l’apaiser, lui redonner confiance en lui-même.
Oui, la tâche qui attend François Hollande et tous ceux qui seront à ses côtés pendant 5 ans sera même redoutable. Non seulement, ils devront remettre notre pays en phase avec ses valeurs républicaines, laïques, de solidarité, de justice, mais ils vont devoir affronter une réalité économique, sociale, européenne et internationale très dure avec un pays laissé exsangue par l’ancienne majorité.
Il a le devoir de réussir. Nous avons le devoir de réussir. Non seulement pour améliorer la situation de nos concitoyens, réorienter la construction européenne au services des peuples qui la composent par une politique de croissance et de solidarité, reconstruire notre industrie, relancer l’économie et l’emploi, réussir la transition énergétique, et offrir un avenir meilleur aux générations qui nous suivent, ce que François Hollande a appelé le « rêve français ».
Mais nous devons aussi réussir pour que les sinistres ne puissent plus parvenir à corrompre le cœur de nos concitoyens par les peurs et les haines qu’ils attisent, pour que le peuple français n’oublie jamais d’où il vient, quelles sont ses valeurs, qu’il réapprenne à s’aimer lui-même pour pouvoir aimer les autres en retour. Notre nation est grande quand elle ne s’oublie pas alors ne l’abandonnons pas.
Il nous reste encore une étape à passer pour que François Hollande ait les moyens de mettre en œuvre la politique qu’il a présentée aux Français et que ceux-ci ont choisie. Il nous faut gagner les législatives pour donner au nouveau Président une majorité à l’Assemblée nationale. Il ne faut donc pas se démobiliser car cette étape est essentielle. Sans elle, rien ne sera possible. Alors une fois de plus, nous allons devoir repartir au-devant de nos concitoyens, les convaincre, les mobiliser jusqu’au bout du processus démocratique. Nous avons pour notre part une priorité : une circonscription à conserver, celle d’Annick Lepetit, notre députée, et de son suppléant Gauthier Vantieghem. Or vous le savez, les circonscriptions parisiennes ont été revues par l’ancienne majorité, et ce redécoupage a remplacé des bureaux qui votaient très à gauche par des bureaux qui sont favorables à la droite. L’enjeu est donc grand pour nous dans le 17ème, et notre mobilisation devra être sans faille.
Je n’oublie pas non plus nos camarades Agnès Pannier, et son suppléant Jérôme Verger, qui défendront nos couleurs sur la 4e circonscription. Leur tâche sera très rude dans des quartiers où la droite est malheureusement largement majoritaire, mais elle sera stimulante, je n’en doute pas.
Enfin, la phrase que je retiendrais de notre nouveau Président de la République hier soir est celle-ci : « soyez respectueux ». En effet, je souhaite que ce quinquennat qui s’ouvre soit enfin celui du respect. Car c’est bien le respect de nous-mêmes et des autres qui nous permettra de nous dépasser. Respectons ceux qui n’ont pas voté comme nous, respectons les personnes, respectons notre environnement, respectons les règles du vivre ensemble, respectons les valeurs, respectons notre pays.
Je crois que François Hollande sera un bon Président de la République. Je pense qu’il saura faire face à l’adversité avec détermination et intelligence. Rien, sans doute, ne lui sera épargné mais je suis convaincue que sa force de caractère, sa maîtrise de soi, sa constance et son ambition pour la France sauront trouver les chemins du redressement national dans tous les sens du terme.
Quant à nous, notre devoir sera de l’aider en restant proches de nos concitoyens, à leur écoute et à leur service.
Merci à vous, merci pour tout.
Amitiés républicaines,













