En 1992, des acteurs citoyens venus de tous les horizons, des professionnels du soin, des artistes et des jeunes autistes créaient ensemble l’association Turbulences ! Depuis lors, ils oeuvrent à l’insertion des jeunes et des adultes concernés par l’autisme ou des handicaps apparentés.
Cette association, par ses actions, leur offre la possibilité de travailler et de s’intégrer socialement à travers la réalisation de spectacles et d’activités artistiques.
Ainsi, depuis 2007, une troupe qui réunit 35 jeunes artistes atteints d’autisme, se produit en France et à l’étranger. Auteurs, musiciens, acteurs, ils créent entièrement leurs spectacles.
Pour les membres de la troupe, la pratique artistique constitue un pas important vers une intégration sociale, mais également professionnelle. En effet, pour la majorité des personnes accueillies, le travail avec l’Association Turbulences constitue une première expérience en structure pour adultes.
En proposant des ateliers de travail hebdomadaires animés par des professionnels et la création de spectacles vivants, l’association Turbulences permet donc à ses membres autistes de participer activement à la vie sociale. Elle contribue surtout à modifier le regard porté sur cette maladie.
L’espace principal où étaient situés leurs chapiteaux, rue de Courcelles, doit toutefois accueillir prochainement un conservatoire municipal, ce dont nous nous réjouissons particulièrement.
Nous sommes donc invités à conclure une convention d’investissement à hauteur de 100 000 euros avec l’association - soit moins que le prix annuel d’une place en institution d’un jeune avec autisme – et ce, afin de permettre d’aménager ses nouveaux locaux au 12 boulevard de Reims, où des travaux relativement importants sont par ailleurs nécessaires.
Par ce geste, le Conseil de Paris certes ne résoudra pas le drame silencieux du devenir des personnes autistes dans notre pays, mais en accompagnant l’association Turbulences ! et ses trente-cinq jeunes associés, il montrera une nouvelle fois la portée politique de la remarque d’Oscar Wilde : « la Vie imite l'Art bien plus que l'Art n'imite la Vie ».