La Ville de Paris fait naturellement son maximum pour organiser les hébergements d'urgence aux périodes les plus critiques, mais malheureusement son action seule ne peut suffire. Après des années d'incurie sous Nicolas Sarkozy, le nouveau gouvernement a annoncé une augmentation sensible du nombre de places d’hébergement provisoire qui seront ouvertes à Paris pendant la période hivernale par les services de l’Etat. Pour la première fois, le gouvernement affirme également qu’une attention particulière sera portée aux sorties du dispositif à la fin de l’hiver, ce qui était une demande récurrente de la Ville et des associations. Néanmoins, le dispositif d'hébergement étant saturé, la Ville sera très vigilante sur la création de places pérennes à l’échelle métropolitaine, afin d’éviter les remises à la rue des personnes sans abri.
Comme chaque hiver, bien qu’il s’agisse d’une compétence de l’Etat, la collectivité parisienne se mobilisera pour sa part fortement pour protéger les personnes sans abri.
Aussi cet hiver, la Ville de Paris :
- peut mobiliser jusqu’à 950 places de mise à l’abri durant les phases de grands froids dans 12 gymnases et dans les mairies des 1er, 3e, 4e, 11e et 15e arrondissements. Dans les gymnases, l’accueil sera assuré par des agents volontaires du Centre d’action sociale de la Ville de Paris avec l’appui de bénévoles. Un coordinateur social sera présent dans chaque gymnase pour faciliter l’évaluation sociale des personnes accueillies et les orienter vers l’offre d’hébergement de droit commun ;
- propose la mise à disposition de 20 appartements rue de Gergovie (14e) pour permettre l’accueil de familles ;
- assure une veille renforcée dans les bois de Vincennes et Boulogne en lien avec les associations et renforce les maraudes du Samu Social avec quatre équipes véhiculées mobilisables ;
- élargit les horaires des accueils de jour en cas de grand froid dans les espaces solidarité insertion (ESI) de la Ville (dans les 14e et 16e).
Pour ma part, je soutiens la proposition concernant la réquisition par l'Etat des immeubles vides depuis plusieurs années pour les mettre à disposition de l'hébergement d'urgence. Je précise que cela ne concernerait pas les petits propriétaires, mais qu'il s'agit bien d'immeubles appartenant à des sociétés privées et qui sont laissés à l'abandon.
En effet, la crise économique a encore accentué les besoins et poussé dans la précarité de trop nombreuses personnes. Il y a urgence, et je souhaite que le gouvernement en prenne toute la mesure et en tire toutes les conséquences.