A
l’issue d’une concertation de 3 mois ayant impliqué l’ensemble des acteurs
concernés, le maire de Paris a annoncé lundi 18 mars qu'il proposerait un voeu
au Conseil de Paris des 25 et 26 mars prochains pour adopter la réforme des
rythmes éducatifs en 2013. Nous avons voté aujourd'hui ce voeu par 94 voix pour et 69 contre.
En
tant qu’adjointe à la Jeunesse et cosignataire du vœu, je me réjouis de ce
choix.
Depuis
de nombreuses années, je me passionne pour tout ce qui a trait à notre système
éducatif, et me suis mobilisée pour le défendre. Et je suis convaincue
aujourd’hui que cette réforme, dans le cadre de toutes les mesures accompagnant
la refondation de l’école, entrainera une véritable amélioration pour les
137 000 élèves parisiens, en les rendant plus réceptifs aux apprentissages
scolaires et en leur offrant une gamme riche et variée d’activités périscolaires.
Cela permettra également de réduire les inégalités en leur offrant à tous la
même qualité.
Ces
derniers mois, je me suis engagée dans cet échange avec les Parisiens,
notamment dans le 17e, en rencontrant des représentants de parents
d’élèves, des enseignants, des directrices et directeurs d’école, des
animateurs de la Ville, en mobilisant les représentants bénévoles du Maire de
Paris dans les écoles du 17ème. Dans le cadre de ma délégation, je
travaille également avec les gestionnaires des centres d’animation pour voir
les activités de qualité qu’ils pourront proposer dans le cadre de la réforme.
C’est
parce que nous sommes convaincus que notre collectivité est en capacité de
mettre en œuvre cette réforme dès 2013 que nous le faisons. L’engagement du
maire de Paris et de chacun de ses adjoints à ses côtés pour réussir cette
réforme est sans faille. Nous savons que la mise en œuvre de la réforme sera
très observée par tous les acteurs et nous en assumons le risque et la
responsabilité politiques car nous croyons sincèrement à l’intérêt de cette
réforme.
Depuis
des mois, l’ensemble des directions concernées ont travaillé à différents
scenarii au fur et à mesure des idées et suggestions émises lors de la
concertation. Elles ont également travaillé sur les propositions pour un
programme d’activités périscolaires de qualité : activités autour de la
vie en collectivité, du sport, de la musique, de la science, des arts visuels,
de l’éveil corporel, de l’égalité fille-garçon, du numérique, de l’environnement,
de la prévention routière et de la santé… Les contenus de ces activités seront
bien évidemment différenciés en fonction des cycles de l’école
primaire pour s’adapter au rythme d’apprentissage et au développement des
enfants. Pour les réaliser, la Ville fera appel naturellement au savoir-faire
de ses personnels qui seront renforcés et formés en conséquence, mais également
à celui de ses partenaires : associations parisiennes, centres
d’animation…
Le projet qui sera
soumis au vote du conseil de Paris le 25 mars prochain prévoit que la classe se
termine plus tôt, le mardi et le vendredi, à 15h et que la demi-journée
supplémentaire de classe ait lieu le mercredi matin. Des activités
culturelles et ludiques gratuites seraient ensuite proposées jusqu’à 16h30 ces
jours-là. L’organisation des deux autres jours reste inchangée par rapport à
aujourd’hui. Le même dispositif sera mis en œuvre dans les écoles maternelles
au terme d’une discussion spécifique.
Pour que cette
réforme soit réussie, nous avons fait le choix d’y mettre les moyens
nécessaires car nous voulons le meilleur pour les enfants. Non seulement ces
activités périscolaires nouvelles seront entièrement gratuites pour les
familles, et sans augmentation d’impôt, mais nous souhaitons que la réforme
soit l’occasion de progrès significatifs pour les personnels de la ville :
- structuration d’une filière d’animation avec un corps
de catégorie B pour les directeurs de centres de loisirs ;
- renforcement
des fonctions support à raison de deux agents par circonscription des
affaires scolaires et de la petite enfance (CASPE) ;
- mise
en œuvre d’un plan de formation pour les animateurs : formation pour
les directeurs de centres de loisirs (management d’équipe, connaissance de
l’Education nationale, mise en place d’un projet, négociations avec des
partenaires), offre de formation au BAFA décuplée pour 690 stagiaires
d’ici fin 2013, mobilisation des centres de ressources et des
établissements de la Ville, parcours complet de prise de poste (session
d’accueil avec présentation du projet, sécurité, environnement
professionnel, prise en charge des enfants handicapés...)
- accélération
du plan de déprécarisation des personnels vacataires de la DASCO, de la
DAC et de la DJS grâce à la création nette de 750 postes dès le
budget supplémentaire 2013, en plus des 250 prévus en application du vœu
adopté au Conseil de Paris de décembre 2012, intégrant les surveillants de
cantine;
- recrutement
par concours de 80 animateurs supplémentaires dès 2013, dont 50 issus de la voie interne ;
- titularisation
de 450 agents contractuels dès 2013,
dont une majorité travaille dans les secteurs scolaires et
périscolaires ;
- suppression
du plafond de 910 heures imposé aux vacataires ;
- renforcement
du taux d’encadrement de la pause méridienne ;
- inscription,
et accès gratuit à la cantine pour les animateurs encadrant les enfants
pendant le déjeuner du mercredi ;
- renforcement
du dispositif des professeurs de la ville de Paris avec l’ouverture dès septembre 2013, en complément des
10 postes ouverts au concours en arts plastique et musique et des 10
postes prévus en sport, de listes complémentaires à hauteur de 15 postes
en art plastique et en musique et de 10 postes en sport ;
- renforcement
de l’accompagnement des enfants en maternelle passant par la création d’une
centaine de postes d’ASEM dont 37 postes de coordinateurs, en catégorie
C+, dès le budget supplémentaire, ainsi qu’un plan de recrutement d’ASEM
sur quatre ans avec pour objectif la présence d’une ASEM par classe en
petite et moyenne sections se traduisant par la création de 100 postes
dans le cadre de chaque budget primitif en 2014, 2015 et 2016 ;
- recentrage
des agents spécialisés des écoles maternelles (ASEM) sur leur cœur de
métier au contact des enfants grâce à une décharge de leurs tâches de
ménage ;
Par ailleurs, la
cantine sera également assurée le mercredi et nous rétablirons pour les quatre
premiers mois de l’année scolaire 2013 puis au budget 2014 les crédits des
classes de découverte à leur niveau de 2011..
Nous souhaitons
également mettre en place, en lien avec le Rectorat, des outils permettant aux
enseignants qui le souhaiteraient de bénéficier dans leur classe d’intervenants
en langues. Cela peut se faire en améliorant le recours à des assistants linguistiques à l’école primaire, en recrutant 50 jeunes européens dans le cadre du
service civique volontaire au poste de médiateurs internationaux, et en
développant les dispositifs du type « Erasmus in school » et « L’Europe à
l’école ».
Enfin, nous voulons
que les enfants scolarisés en situation de handicap puissent pleinement
bénéficier de ces nouvelles activités périscolaires et nous renforcerons, là où
c’est nécessaire, les équipes d’animation. Nous développerons la formation des
animateurs en mobilisant notamment le centre de ressources « Enfance handicapée
» de la direction des affaires scolaires ; que les auxiliaires de vie
scolaire (AVS et AVSI) qui accompagnent les enfants en situation de handicap
sur le temps scolaire se voient proposer des compléments horaires pour apporter
leur appui aux enfants sur l’ensemble des temps périscolaires
Dès
le Conseil de Paris passé, nous allons donc engager
un travail très fin avec toute la communauté éducative pour la mise en place
dans chaque école du nouveau dispositif. Celui ci devra prendre en compte toutes les spécificités des établissement scolaires, et notamment les locaux disponibles. En outre, nous souhaitons - comme le prévoit le
décret - que les conseils d’école puissent soumettre au directeur académique
des services de l’Education Nationale des demandes de dérogation, permettant une organisation spécifique tenant compte des spécificités du projet d'école. Ils devront également pouvoir proposer des enrichissements adaptés à leur projet.
Naturellement,
je serai mobilisée dans le cadre de ma délégation, mais aussi dans le 17ème
aux côtés des représentants du Maire de Paris, pour aider les écoles qui le
souhaiteront et contribuer ainsi au succès de cette réforme pour le plus grand
bénéfice des enfants.