L’accès aux soins de premier recours est une des composantes majeures du droit fondamental à la santé. A Paris, malgré un nombre très important de professionnels de santé sur notre territoire, l’offre de soins se caractérise par un ratio généralistes/spécialistes déséquilibré, une forte part d’exercice particulier et des dépassements tarifaires fréquents et importants. Pour les médecins généralistes ne pratiquant ni dépassements d’honoraires ni exercices particuliers, la densité médicale parisienne est d’ores et déjà inférieure à la moyenne nationale. Le même constat peut être fait quant à l’accès à de nombreuses spécialités médicales et aux soins infirmiers. Dans les arrondissements du Nord-Est parisien, ce déficit est encore plus net. Cette difficulté d’accès aux soins de premier recours se traduit de plus en plus par des phénomènes de non recours aux soins ou par un recoursexponentiel aux urgences hospitalières qui provoque leur engorgement. Par ailleurs, de nombreux médecins devraient prendre leur retraite dans les prochaines années, alors que dans le même temps les jeunes médecins optent de moins en moins pour une installation dans la médecine de ville et souhaitent très largement un exercice regroupé.
Pour répondre à cette problématique, le Conseil de Paris a adopté en juin 2011 son programme de renforcement de l'offre de soins de premier recours qui prévoit :
- la modernisation et l’investissement dans les centres de santé municipaux : les horaires des centres municipaux seront étendus pour mieux répondre aux besoins de santé des Parisiens. Pour permettre cette extension, les équipes des centres Ternes (17e) et Chemin Vert (11e) ont été redéployées.
- la mobilisation de 2 millions d’euros, pour soutenir en investissement les projets de création et de modernisation de Centres de Santé, Maisons de Santé et Pôles de Santé, notamment dans le Nord-Est parisien.
- le développement d’une plate-forme de coordination pour les centres de santé et les maisons de santé, qui vise à favoriser les initiatives communes dans les négociations avec l’Assurance maladie et l’AP-HP, et à mutualiser certains outils technologiques, notamment de communication (exemple : outil de géo-localisation sur Internet).
- la participation au renforcement de la permanence des soins à Paris, dont le maillage, aujourd’hui insuffisant sur Paris, pourra permettre l’accès aux soins le soir et le week-end et donc un désengorgement des urgences hospitalières.
- la mise en place du Label « Paris Santé » : les signataires de la Charte « Paris Santé », qui comporte des engagements forts (secteur 1, tiers payant, parcours de santé, accès aux droits, actions de prévention et d’éducation thérapeutique, développement de programmes de recherche et de coopération avec les hôpitaux…) bénéficieront des actions de promotion, de coordination et de soutien de la Ville de Paris.
Si le centre de santé municipal des Ternes a été fermé et les équipes redéployées sur d’autres centres, c’est parce que ses locaux étaient trop vétustes pour la pratique médicale et que son déficit de gestion était trop important (faible fréquentation, horaires peu adaptés, présence médicale faible avec seulement 1,37 ETP généralistes et 2 ETP infirmiers réalisant peu d’actes : 3 500 par an en médecine générale), mais aussi parce qu’il existe le centre de santé Etoile à proximité, au 12 avenue de La Grande Armée, capable de réaliser 200 000 actes par an. J’étais allée à l’époque à plusieurs reprises expliquer la position de la Ville aux habitants et usagers du centre car il était important pour l’élue que je suis d’assumer ce choix difficile, mais nécessaire dans le cadre d’une stratégie globale de renforcement de l'offre de soins de premier recours à Paris. En outre, sur cette partie-là de l’arrondissement, la densité médicale reste satisfaisante.
Par contre, sur la partie Est de notre arrondissement, la situation est préoccupante tant en raison du déficit de l’offre de soin en secteur 1 qu’en raison de l’arrivée des nouveaux habitants sur la ZAC Clichy Batignolles, il me semble donc important de pouvoir y rééquilibrer l’offre notamment pour les territoires situés autour de la Porte de Clichy.
C’est pourquoi j’ai présenté un vœu lors du dernier conseil d’arrondissement pour demander au Maire de Paris d’étudier la possibilité de prévoir une structure de santé en exercice regroupé sur la ZAC Clichy-Batignolles car ce projet d’urbanisme ambitieux nous en offre l’opportunité et qu’il existe un budget parisien pour aider à cette création dans le cadre des 2 millions d’euros. Je regrette que les élus de droite du 17ème n’aient pas jugé bon de voter en faveur de ce vœu pourtant consensuel, et aux services des habitants du 17e.