Lundi
3 juin 2013, votre association a été conviée par la Maire du 17e arrondissement
au Comité d’initiative et de consultation d’arrondissement (CICA).
Cette
instance, vous le savez, prévoit notamment que les associations puissent
ouvertement poser leurs questions aux élus de l’arrondissement réunis en
formation de Conseil afin d’être informées au mieux des décisions politiques
qui les concernent. Ainsi, la loi stipule que:
- Au cours d'une séance par trimestre au moins, les représentants de ces associations participent, s'ils le sollicitent, aux débats du conseil d'arrondissement, avec voix consultative.
- Ils y exposent toute question intéressant leur domaine d'activité dans l'arrondissement et peuvent faire toute proposition à cet égard. Le conseil d'arrondissement en délibère en leur présence.
- A cette fin, les associations doivent notifier, au préalable, au maire de l'arrondissement le ou les sujets sur lesquels elles souhaitent débattre.
Ce
dialogue est essentiel à la vitalité et au développement de l’engagement
associatif dans notre arrondissement, et nous, élus d’opposition de
l’arrondissement, avons à cœur d’être toujours présents et de pouvoir répondre
aux questions des associations.
Comment
comprendre alors l’attitude de la majorité municipale lors dernier CICA du 3
juin, qui, non contente de n’avoir jamais transmis aux élus d’opposition les
questions posées par les associations du 17e, leur a purement et
simplement refusé le droit à la parole ?
Cela
constitue, de la part la Maire du 17e, un véritable déni de
démocratie et une interprétation pour le moins curieuse des textes
réglementaires qui rappellent que le CICA doit être considéré comme un conseil
d’arrondissement, et qu’il doit donc permettre des débats pluralistes. Nous
l’avons fait remarquer à la Maire du 17e devant les associations présentes,
mais n’avons pas pour autant été autorisés à prendre la parole.
Ayant
toutefois pu, à l’occasion de ce CICA, prendre connaissance des questions posées
par les associations, nous souhaitions donc, en tant qu’élus de gauche de
l’arrondissement, pouvoir vous apporter des réponses par écrit et vous rappeler
notre engagement aux côtés des associations qui œuvrent dans notre
arrondissement.
Les centres sociaux associatifs sont une volonté
politique de la ville de Paris dans la gestion associative. Il y a un décalage
entre le discours politique (la ville soutient les centres sociaux) et le
terrain, où l'on a des difficultés à obtenir des subventions plus importantes.
Quel est l'avenir des centres sociaux associatifs au
vu du manque de subventions ?
Par exemple l'émergence d'un centre social à Pouchet
alors que CEFIA a déjà des difficultés à obtenir des subventions.
Les
centres sociaux sont en effet l’une des priorités du Maire de Paris, Bertrand
Delanoë, et de son équipe municipale. Dès octobre 2001, le Conseil de
Paris a adopté un «Plan de renforcement du dispositif parisien en direction des
jeunes en difficulté et de leurs familles». Ce plan a notamment permis de faire
bénéficier chaque centre social associatif d’un soutien renforcé du Département
dans le cadre de l’«animation globale enfance/familles» et de l’«animation,
prévention précoce». Grâce à ce plan, 8 nouveaux centres ont vu le jour depuis
2001 à Paris, et une charte départementale a été signée en 2005 pour préciser
les missions qui leur sont confiées et formaliser les engagements qui en
découlent.
L’engagement
de la Ville en faveur des centres se mesure en particulier à l’aune des
subventions qui leur sont attribuées. Alors qu’en 2008, le total des
subventions représentait 2,8 millions d’euros, le soutien n’a cessé de s’accroître
pour atteindre aujourd’hui les 4,1 millions, faisant ainsi de la Ville de Paris
le premier partenaire financier des centres sociaux parisiens, devant la Caisse
d’Allocations Familiales.
Dans
le 17e arrondissement, le montant des aides apportées au centre
CEFIA est ainsi en augmentation constante depuis 2008 :
2008
: 130 245,18€
2009
: 147 719,27€
2010
: 142 893,92€
2011
: 158 420,00€
2012
: 167 364,50€
L’émergence
prochaine d’un centre social dans le quartier de la porte Pouchet répond à la
volonté de la Mairie de Paris d’accompagner la transformation de ce quartier et
de construire, avec les habitants, une offre adaptée à leurs attentes. Un
budget spécifique a été prévu à cette fin, qui n’imputera pas le
budget du centre social CEFIA.
Dans
la période de crise que nous traversons, le soutien aux structures associatives
qui œuvrent en faveur des familles et des jeunes les plus en difficulté est
essentiel. C’est la raison pour laquelle les élus socialistes de
l’arrondissement défendent systématiquement ces budgets et encouragent le
développement de nouvelles structures lorsque cela est possible. Par ailleurs,
la Ville soutient pleinement les associations situées dans les
quartiers Politique de la Ville, comme c’est le cas dans le quartier
Pouchet.
Hormis la maison Ozanam, quelle place, en matière de
locaux notamment, pour les associations dans la future ZAC Clichy-Cardinet ?
Comment se créera le lien social ?
L’aménagement
de la ZAC Clichy Batignolles, voulu par le Maire de Paris et contre lequel la
Maire du 17e arrondissement n’a eu de cesse de lutter, avance
rapidement. En plus du Parc Martin Luther King, de nombreux immeubles sont
désormais achevés.
La
ZAC accueillera prochainement de nombreux équipements publics : groupes
scolaires, centre d’animation, crèche…etc. Lors des ateliers citoyens menés en
lien avec les habitants et les associations du quartier, le besoin de locaux
pour les associations a été fréquemment évoqué. Cette attente forte a été
entendue, et la Mairie de Paris souhaite, en réponse, pouvoir inventer de
nouveaux usages de la Ville en permettant notamment que les équipements publics
puissent ouvrir le week-end ou en soirée afin d’accueillir diverses
activités, notamment associatives. Ainsi, les locaux des groupes scolaires
pourraient être confiés, en dehors des heures de cours, à des associations. De
même, le centre d’animation qui ouvrira dans le lot O 8 pourra accueillir les
activités d’associations locales et nous proposerons de nombreuses animations
culturelles (concerts, pièces de théâtre…), de loisirs, voire sportives.
Au-delà
de cette mise en commun des espaces, une réflexion pourra être engagée dans les
prochains ateliers citoyens sur les locaux associatifs, et notamment
pour quelques locaux situés aux entresols et aux premiers étages,
les rez-de-chaussée étant dans leur ensemble destinés à accueillir une
animation commerciale nécessaire à la vie du quartier.
L'aide à la parentalité et aux familles est reconnue
comme une priorité et c'est à ce titre qu'elle fait l'objet d'une fiche
spécifique du CLS de la mairie du XVIIe. Pouvons-nous avoir un point précis sur
l'état d'avancement de ce besoin crucial ? A quand une école des parents ?
La
Ville de Paris a toujours souhaité déconnecter l'accompagnement à la
parentalité des logiques de délinquance.
Ainsi,
elle n’a pas souhaité s’engager dans un dispositif du type « Conseil
pour les droits et les devoirs des familles », qui risque de
réduire la question de la délinquance des mineurs à la responsabilité
parentale.
La
Ville de Paris a de longue date pris position contre toute mesure coercitive ou
stigmatisante contre les familles, qui est une réponse inefficace et inappropriée
aux questions de difficultés éducatives et de prévention de la délinquance.
A
l’inverse, nous avons choisi de privilégier une politique de prévention
innovante, en laissant aux autorités compétentes le soin d’exercer les
fonctions de police ou de justice.
Ainsi
en 2011, 16 000 jeunes en risque de marginalisation ou d’exclusion ont été
suivis quotidiennement par 300 éducateurs de rue, 12 000 familles ont pu
participer aux activités de proximité des 34 centres sociaux parisiens, près de
1 000 enfants ont été inscrits en parcours individualisé de réussite éducative
et environ 10 000 mineurs ont bénéficié d’une mesure éducative ou d’une prise
en charge dans le champ de l’aide sociale à l’enfance.
Le
département mobilise pour ce faire un budget de plus de 370 millions d’euros,
en augmentation de 45% depuis 2001.
Par
ailleurs, au-delà des compétences obligatoires, comme la protection
maternelle et infantile, Paris a souhaité impulser une « culture familles » et
a développé des compétences facultatives au service des familles : le
développement des modes d’accueil des tout petits, le logement social, des
soutiens financiers, les espaces verts et l’espace public rendus accueillants,
le soutien aux familles monoparentales ou encore l’offre culturelle et sportive
pour toujours mieux prendre en compte les aspirations des familles.
Nous
avons ainsi développé des structures animées par des professionnels, pour
informer, orienter et accompagner les familles dans leur quotidien : ce sont
les centres de PMI, les crèches ou encore les 12 relais informations
familles (RIF) que nous avons ouverts dans les mairies d’arrondissement. Dans
les lieux d’accueil enfants-parents et au sein de permanences d’associations
spécialisées de médiation familiale, nous proposons des lieux d’écoute et de
conseil pour que les pères et les mères puissent trouver leur place auprès de
l’enfant.
Quand
à une école des parents, il en existe une depuis plusieurs années dans le 11ème
et elle organise des colloques/ateliers hors les murs régulièrement dans les
écoles ou associations. Dans le 17ème, nous finançons par exemple l’association
Kirikou-RSI La Ressource qui accompagne les parents sur les questions de
parentalité.
Les associations pourraient-elles être informées de la
date d'inauguration du nouveau conservatoire du XVIIe afin d'y assister et de
s'informer des synergies possibles entre associations et nouveau conservatoire
?
Bien
évidemment, les associations seront informées de la date d’inauguration de ce
nouvel équipement. Nous pouvons d’ores et déjà vous dire que le conservatoire
ouvrira dès la rentrée 2013.
A quand une maison de l'emploi dans le XVIIe ?
Actuellement les demandeurs d'emploi du XVIIe doivent s'adresser à la maison de
l'emploi du XVIIIe rue Ordener. Même constat pour la mission locale pour
l'emploi des jeunes !
La
Ville de Paris a fait de la lutte contre le chômage l’une de ses priorités, en
apportant aux Parisiens un véritable service public de l’emploi, qui complète
utilement les services de l’Etat. La Mairie du 17e ne peut
vraisemblablement pas en dire autant, elle qui ne consacre que 1607,01 euros au
Forum pour l’emploi contre près de 100 000€ euros consacrés à une
fête des familles…
Les
six Maisons départementales des entreprises et de l’emploi (MDEE)
sont au service des Parisiens dans une optique d’échange et de
proximité. Ces espaces d’information et de conseil sur les dispositifs d'aide à
l'emploi ou à la création d'entreprises dans la capitale proposent :
-
un accueil individualisé et une orientation,
-
des sessions de pré-recrutement par secteur et par métier,
-
un accès gratuit à Internet et des formations,
-
une aide à la création d’entreprise.
Effectivement,
pour les résidents des 9e, 17e ou 18e arrondissement, c’est la Maison des
Entreprises et de l'Emploi du 18e arrondissement qui est compétente. La logique
n’est pas nécessairement de multiplier les sites, mais bien plutôt d’offrir un
service public de l’emploi cohérent et regroupé, pour plus d’efficacité et un
meilleur accueil.
En
ce qui concerne la Mission Locale de Paris, présidée par Isabelle Gachet,
adjointe au Maire de Paris chargée de la Jeunesse et élue du 17e
arrondissement, elle est le résultat de la fusion des 5 missions locales
auparavant distinctes, qui a été entreprise en 2012 pour une meilleure
lisibilité, une mise en commun des ressources et un service public plus
efficace.
Pour
le 17e arrondissement, les jeunes suivis par la Mission Locale
dépendent aujourd’hui de l’antenne Belliard, qui compte trois sites, deux dans
le 18e et un point cyber dans le 17e arrondissement, rue
Roberval.
Sous
l’impulsion d’Isabelle Gachet, ces trois sites vont être prochainement
regroupés en un seul et même lieu entièrement consacré à la recherche d’emploi
et au suivi des jeunes, qui sera situé Rue Ganneron dans le 18e
arrondissement, à 2 minutes à pied de La Fourche et de la place de Clichy. Les
locaux de cette nouvelle antenne de la Mission Locale de Paris seront plus
spacieux, plus modernes, et permettront un accueil amélioré pour le public, un
suivi dans de meilleures conditions et une convivialité renforcée.
Enfin,
nous vous rappelons que les équipements jeunesse de l’arrondissement, qu’il
s’agisse de l’Espace Jeunes Hauts-de-Malesherbes ou de l’Antenne
Jeunes Louis Loucheur, ont pour mission d’informer et d’accompagner les jeunes
dans leurs recherches d’emploi.
Annick LEPETIT, Patrick KLUGMAN, Isabelle GACHET, Julien
BOUCHER, Muriel GUÉNOUX, Lamine N’DAW, Rémy CADORET, Nadia SALEM, Sabri LABIODH