mercredi 26 juin 2013

Message aux associations suite au refus de la Maire du 17e de laisser les élus de gauche prendre la parole au CICA

Mesdames, Messieurs, membres du Conseil d’animation du CICA

Lundi 3 juin 2013, votre association a été conviée par la Maire du 17e arrondissement au Comité d’initiative et de consultation d’arrondissement (CICA).

Cette instance, vous le savez, prévoit notamment que les associations puissent ouvertement poser leurs questions aux élus de l’arrondissement réunis en formation de Conseil afin d’être informées au mieux des décisions politiques qui les concernent.  Ainsi, la loi stipule que:

  • Au cours d'une séance par trimestre au moins, les représentants de ces associations participent, s'ils le sollicitent, aux débats du conseil d'arrondissement, avec voix consultative.
  • Ils y exposent toute question intéressant leur domaine d'activité dans l'arrondissement et peuvent faire toute proposition à cet égard. Le conseil d'arrondissement en délibère en leur présence.
  • A cette fin, les associations doivent notifier, au préalable, au maire de l'arrondissement le ou les sujets sur lesquels elles souhaitent débattre. 

Ce dialogue est essentiel à la vitalité et au développement de l’engagement associatif dans notre arrondissement, et nous, élus d’opposition de l’arrondissement, avons à cœur d’être toujours présents et de pouvoir répondre aux questions des associations.

Comment comprendre alors l’attitude de la majorité municipale lors dernier CICA du 3 juin, qui, non contente de n’avoir jamais transmis aux élus d’opposition les questions posées par les associations du 17e, leur a purement et simplement refusé le droit à la parole ?

Cela constitue, de la part la Maire du 17e, un véritable déni de démocratie et une interprétation pour le moins curieuse des textes réglementaires qui rappellent que le CICA doit être considéré comme un conseil d’arrondissement, et qu’il doit donc permettre des débats pluralistes. Nous l’avons fait remarquer à la Maire du 17e devant les associations présentes, mais n’avons pas pour autant été autorisés à prendre la parole.

Ayant toutefois pu, à l’occasion de ce CICA, prendre connaissance des questions posées par les associations, nous souhaitions donc, en tant qu’élus de gauche de l’arrondissement, pouvoir vous apporter des réponses par écrit et vous rappeler notre engagement aux côtés des associations qui œuvrent dans notre arrondissement.

Les centres sociaux associatifs sont une volonté politique de la ville de Paris dans la gestion associative. Il y a un décalage entre le discours politique (la ville soutient les centres sociaux) et le terrain, où l'on a des difficultés à obtenir des subventions plus importantes.
Quel est l'avenir des centres sociaux associatifs au vu du manque de subventions ?
Par exemple l'émergence d'un centre social à Pouchet alors que CEFIA a déjà des difficultés à obtenir des subventions.

Les centres sociaux sont en effet l’une des priorités du Maire de Paris, Bertrand Delanoë, et de son équipe municipale. Dès octobre 2001, le Conseil de Paris a adopté un «Plan de renforcement du dispositif parisien en direction des jeunes en difficulté et de leurs familles». Ce plan a notamment permis de faire bénéficier chaque centre social associatif d’un soutien renforcé du Département dans le cadre de l’«animation globale enfance/familles» et de l’«animation, prévention précoce». Grâce à ce plan, 8 nouveaux centres ont vu le jour depuis 2001 à Paris, et une charte départementale a été signée en 2005 pour préciser les missions qui leur sont confiées et formaliser les engagements qui en découlent.
L’engagement de la Ville en faveur des centres se mesure en particulier à l’aune des subventions qui leur sont attribuées. Alors qu’en 2008, le total des subventions représentait 2,8 millions d’euros, le soutien n’a cessé de s’accroître pour atteindre aujourd’hui les 4,1 millions, faisant ainsi de la Ville de Paris le premier partenaire financier des centres sociaux parisiens, devant la Caisse d’Allocations Familiales.

Dans le 17e arrondissement, le montant des aides apportées au centre CEFIA est ainsi en augmentation constante depuis 2008 :

2008    : 130 245,18€  
2009    : 147 719,27€  
2010    : 142 893,92€  
2011    : 158 420,00€  
2012    : 167 364,50€  

L’émergence prochaine d’un centre social dans le quartier de la porte Pouchet répond à la volonté de la Mairie de Paris d’accompagner la transformation de ce quartier et de construire, avec les habitants, une offre adaptée à leurs attentes. Un budget spécifique a été prévu à cette fin, qui n’imputera pas le budget du centre social CEFIA.

Dans la période de crise que nous traversons, le soutien aux structures associatives qui œuvrent en faveur des familles et des jeunes les plus en difficulté est essentiel. C’est la raison pour laquelle les élus socialistes de l’arrondissement défendent systématiquement ces budgets et encouragent le développement de nouvelles structures lorsque cela est possible. Par ailleurs, la Ville soutient pleinement les associations situées dans les quartiers Politique de la Ville, comme c’est le cas dans le quartier Pouchet.

Hormis la maison Ozanam, quelle place, en matière de locaux notamment, pour les associations dans la future ZAC Clichy-Cardinet ?
Comment se créera le lien social ?

L’aménagement de la ZAC Clichy Batignolles, voulu par le Maire de Paris et contre lequel la Maire du 17e arrondissement n’a eu de cesse de lutter, avance rapidement. En plus du Parc Martin Luther King, de nombreux immeubles sont désormais achevés.

La ZAC accueillera prochainement de nombreux équipements publics : groupes scolaires, centre d’animation, crèche…etc. Lors des ateliers citoyens menés en lien avec les habitants et les associations du quartier, le besoin de locaux pour les associations a été fréquemment évoqué. Cette attente forte a été entendue, et la Mairie de Paris souhaite, en réponse, pouvoir inventer de nouveaux usages de la Ville en permettant notamment que les équipements publics puissent ouvrir le week-end ou en soirée afin d’accueillir diverses activités, notamment associatives. Ainsi, les locaux des groupes scolaires pourraient être confiés, en dehors des heures de cours, à des associations. De même, le centre d’animation qui ouvrira dans le lot O 8 pourra accueillir les activités d’associations locales et nous proposerons de nombreuses animations culturelles (concerts, pièces de théâtre…), de loisirs, voire sportives.

Au-delà de cette mise en commun des espaces, une réflexion pourra être engagée dans les prochains ateliers citoyens sur les locaux associatifs, et notamment pour quelques locaux situés aux entresols et aux premiers étages, les rez-de-chaussée étant dans leur ensemble destinés à accueillir une animation commerciale nécessaire à la vie du quartier.

L'aide à la parentalité et aux familles est reconnue comme une priorité et c'est à ce titre qu'elle fait l'objet d'une fiche spécifique du CLS de la mairie du XVIIe. Pouvons-nous avoir un point précis sur l'état d'avancement de ce besoin crucial ? A quand une école des parents ?

La Ville de Paris a toujours souhaité déconnecter l'accompagnement à la parentalité des logiques de délinquance.

Ainsi, elle n’a pas souhaité s’engager dans un dispositif du type « Conseil pour les droits et les devoirs des familles », qui risque de réduire la question de la délinquance des mineurs à la responsabilité parentale.

La Ville de Paris a de longue date pris position contre toute mesure coercitive ou stigmatisante contre les familles, qui est une réponse inefficace et inappropriée aux questions de difficultés éducatives et de prévention de la délinquance.

A l’inverse, nous avons choisi de privilégier une politique de prévention innovante, en laissant aux autorités compétentes le soin d’exercer les fonctions de police ou de justice.

Ainsi en 2011, 16 000 jeunes en risque de marginalisation ou d’exclusion ont été suivis quotidiennement par 300 éducateurs de rue, 12 000 familles ont pu participer aux activités de proximité des 34 centres sociaux parisiens, près de 1 000 enfants ont été inscrits en parcours individualisé de réussite éducative et environ 10 000 mineurs ont bénéficié d’une mesure éducative ou d’une prise en charge dans le champ de l’aide sociale à l’enfance.
Le département mobilise pour ce faire un budget de plus de 370 millions d’euros, en augmentation de 45% depuis 2001.

Par ailleurs, au-delà des compétences obligatoires, comme la protection maternelle et infantile, Paris a souhaité impulser une « culture familles » et a développé des compétences facultatives au service des familles : le développement des modes d’accueil des tout petits, le logement social, des soutiens financiers, les espaces verts et l’espace public rendus accueillants, le soutien aux familles monoparentales ou encore l’offre culturelle et sportive pour toujours mieux prendre en compte les aspirations des familles.

Nous avons ainsi développé des structures animées par des professionnels, pour informer, orienter et accompagner les familles dans leur quotidien : ce sont les centres de PMI, les crèches ou encore les 12 relais informations familles (RIF) que nous avons ouverts dans les mairies d’arrondissement. Dans les lieux d’accueil enfants-parents et au sein de permanences d’associations spécialisées de médiation familiale, nous proposons des lieux d’écoute et de conseil pour que les pères et les mères puissent trouver leur place auprès de l’enfant.

Quand à une école des parents, il en existe une depuis plusieurs années dans le 11ème et elle organise des colloques/ateliers hors les murs régulièrement dans les écoles ou associations. Dans le 17ème, nous finançons par exemple l’association Kirikou-RSI La Ressource qui accompagne les parents sur les questions de parentalité.


Les associations pourraient-elles être informées de la date d'inauguration du nouveau conservatoire du XVIIe afin d'y assister et de s'informer des synergies possibles entre associations et nouveau conservatoire ?

Bien évidemment, les associations seront informées de la date d’inauguration de ce nouvel équipement. Nous pouvons d’ores et déjà vous dire que le conservatoire ouvrira dès  la rentrée 2013.

A quand une maison de l'emploi dans le XVIIe ? Actuellement les demandeurs d'emploi du XVIIe doivent s'adresser à la maison de l'emploi du XVIIIe rue Ordener. Même constat pour la mission locale pour l'emploi des jeunes !

La Ville de Paris a fait de la lutte contre le chômage l’une de ses priorités, en apportant aux Parisiens un véritable service public de l’emploi, qui complète utilement les services de l’Etat. La Mairie du 17e ne peut vraisemblablement pas en dire autant, elle qui ne consacre que 1607,01 euros au Forum pour l’emploi contre près de 100 000€ euros consacrés à une fête des familles…

Les six Maisons départementales des entreprises et de l’emploi (MDEE)  sont au service des Parisiens dans une optique d’échange et de proximité. Ces espaces d’information et de conseil sur les dispositifs d'aide à l'emploi ou à la création d'entreprises dans la capitale proposent :
- un accueil individualisé et une orientation,
- des sessions de pré-recrutement par secteur et par métier,
- un accès gratuit à Internet et des formations,
- une aide à la création d’entreprise.

Effectivement, pour les résidents des 9e, 17e ou 18e arrondissement, c’est la Maison des Entreprises et de l'Emploi du 18e arrondissement qui est compétente. La logique n’est pas nécessairement de multiplier les sites, mais bien plutôt d’offrir un service public de l’emploi cohérent et regroupé, pour plus d’efficacité et un meilleur accueil.

En ce qui concerne la Mission Locale de Paris, présidée par Isabelle Gachet, adjointe au Maire de Paris chargée de la Jeunesse et élue du 17e arrondissement, elle est le résultat de la fusion des 5 missions locales auparavant distinctes, qui a été entreprise en 2012 pour une meilleure lisibilité, une mise en commun des ressources et un service public plus efficace.

Pour le 17e arrondissement, les jeunes suivis par la Mission Locale dépendent aujourd’hui de l’antenne Belliard, qui compte trois sites, deux dans le 18e et un point cyber dans le 17e arrondissement, rue Roberval.

Sous l’impulsion d’Isabelle Gachet, ces trois sites vont être prochainement regroupés en un seul et même lieu entièrement consacré à la recherche d’emploi et au suivi des jeunes, qui sera situé Rue Ganneron dans le 18e arrondissement, à 2 minutes à pied de La Fourche et de la place de Clichy. Les locaux de cette nouvelle antenne de la Mission Locale de Paris seront plus spacieux, plus modernes, et permettront un accueil amélioré pour le public, un suivi dans de meilleures conditions et une convivialité renforcée.
Enfin, nous vous rappelons que les équipements jeunesse de l’arrondissement, qu’il s’agisse de l’Espace Jeunes Hauts-de-Malesherbes ou de l’Antenne Jeunes Louis Loucheur, ont pour mission d’informer et d’accompagner les jeunes dans leurs recherches d’emploi.

Annick LEPETIT, Patrick KLUGMAN, Isabelle GACHET, Julien BOUCHER, Muriel GUÉNOUX, Lamine N’DAW, Rémy CADORET, Nadia SALEM, Sabri LABIODH