Lors du dernier conseil d’arrondissement, nous avons appris par Mme
Orlando, adjointe en charge des affaires scolaires et de la petite enfance de
la maire du 17e que deux crèches du 17ème arrondissement avaient reçu des
aliments avariés ou périmés.
La Maire du 17e a prétendu par voie de presse qu’elle avait déposé un vœu
en conseil d’arrondissement à ce sujet, ce qui est faux. Monsieur Boulard,
adjoint de la Maire de 17e, est allé encore plus loin en prétendant que nous
aurions refusé de voter leur vœu en conseil d’arrondissement, ce qui n’est pas
seulement faux mais mensonger.
Il s’agit pourtant d’un sujet sérieux qui a reçu toute l’attention et
la vigilance de la Ville de Paris. Voici d’ailleurs la réponse de Christophe
Najdowski, adjoint au maire de Paris à une question en conseil de Paris le
lundi 11 février :
“La santé des enfants
est un sujet trop sérieux pour minimiser les faits mais aussi, vous en
conviendrez, pour les dramatiser à d’autres fins.
Je vais donc essayer de
vous répondre sur le fond en établissant les faits et en vous décrivant les
mesures prises par la Ville de Paris pour préserver la santé alimentaire des
enfants.
Comme vous l’évoquiez,
le démarrage du nouveau marché alimentaire a occasionné des dysfonctionnements
de la part d’un nouveau prestataire, titulaire depuis le 2 janvier du marché
pour l’approvisionnement dit « multifournisseur » d’une partie des crèches
municipales parisiennes, l’autre partie des établissements étant livrée par un
autre prestataire.
A noter, et ma collègue
Camille Montacié y reviendra, que cette société était seule en lice lors de la
Commission d’appel d’offres où siègent des élus de la majorité et de
l’opposition.
Outre des difficultés
d’ordre logistique, qui ont fait l’objet d’une réunion entre les services de la
Direction de la petite enfance et de la famille et ce nouveau prestataire le 17
janvier dernier, deux crèches du 17ème arrondissement ont reçu au cours du mois
de janvier, à deux reprises pour l'une d'entre elles, des aliments avariés ou
périmés : 2 lots de poulets surgelés avec une Date limite d’utilisation optimum
dépassée (la date de péremption n’étant, elle, pas dépassée) et 1 lot de
fromage présentant des moisissures suite à un problème de conditionnement de
l’emballage.
Aucun de ces produits
n’a été servi aux enfants et je ne pense pas que l’on puisse dire que c’est le
fruit du hasard. Ces produits n’ont pas été servis aux enfants parce qu’une
chaîne de contrôle très précise a été mise en place dans tous les
établissements de la petite enfance qui permet d’assurer que tous les produits
servis sont conformes du point de vue sanitaire.
L’ensemble des
professionnel(le)s de cuisine est en effet formé, au protocole dit HACCP
(analyse des points critiques en matière d’hygiène alimentaire). Le contrôle
est réalisé sur l’ensemble de la chaine, de la livraison à la préparation des
repas. Les professionnel(le)s des établissements (ATEPE en charge de la
préparation des repas) sont chargé(e)s, notamment, de contrôler à la livraison
des produits, la quantité et la qualité de ces produits (dates de péremption et
l’état du produit).
D’autres mesures sont
prises en complément : lors de la préparation des repas, des échantillons des
aliments des plats préparés sont prélevés. Un prestataire extérieur (l’institut
supérieur d’hygiène alimentaire) assure de façon inopinée le contrôle 3 fois
par an des aliments préparés. De même, la direction de la protection des
populations (DPP) assure son contrôle inopiné dans les cuisines afin de
s’assurer la mise en place du protocole HACCP.
Les procédures mises en
place par la Ville au niveau des établissements ont montré qu’elles étaient
efficaces et je tiens ici à saluer le professionnalisme des personnels qui ont
parfaitement réagi.
Concernant la livraison
des produits incriminés, les manquements du fournisseur sont considérés avec
tout le sérieux nécessaire et la Ville de Paris entend prendre ses
responsabilités car nous ne saurions transiger, à aucun niveau de la chaîne et
même pour un seul lot de produits, avec les conditions d’accueil des enfants
dans les crèches.
C’est pourquoi des mesures vigoureuses ont été
prises :
- le prestataire a été
saisi pour lui rappeler ses obligations concernant les incidents survenus et
l’intimant de transmettre en urgence les informations concernant les produits
concernés et leurs lieux de livraison. Ce qu’il fit.
- la Direction Générale
de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes a été
saisie de manière notamment à préparer conjointement dans les meilleurs délais
une campagne de contrôles, notamment inopinés.
- une enquête a été
lancée auprès de l’ensemble des responsables permettant de s’assurer qu’aucun
des lots incriminés n’était encore au sein des établissements ;
- une réunion s’est
tenue le 8 février avec les représentants du prestataire sur les conditions de
fonctionnement du marché « multifournisseurs ». Il leur a été indiqué que la
Ville se donnerait tous les moyens pour répondre aux dysfonctionnements et
obtenir l’assurance d’un service de qualité, y compris la résiliation de leur
marché. A la suite de cette réunion, conformément à la réglementation, une
lettre d’injonction leur a été adressée, condition nécessaire avant toute
résiliation.
Bien entendu les
parents des crèches concernés ont été tenus informés ainsi que les responsables
de l’ensemble des établissements d’accueil.
Voilà les éléments
factuels que je souhaitais vous apporter, sans esprit polémique, sans amalgame,
car, encore une fois, l’enjeu de la sécurité alimentaire des enfants reçus dans
les 430 établissements d’accueil de la petite enfance à Paris est un sujet
important qui, croyez-le, mobilise au quotidien l’ensemble des personnels et
des responsables élus de la Ville de Paris.”